31e CdF Ecoles de Tir 2015

CdF EdT 2015 - Interview Valérian SAUVEPLANE

Nous avons profité des actions du département développement et formation sur ce grand rassemblement de début juillet pour aller à la rencontre de Valérian SAUVEPLANE. Il rentre tout juste des 1er Jeux Européens 2015 de Bakou où il a remporté la médaille d'or à la carabine 50 mètres 3 postions.





Tout d'abord félicitations pour ton titre aux Jeux européens ! Ton palmarès s'étoffe d'année en année... où placerais-tu ce titre lors de ces 1er Jeux européens de l'histoire dans une épreuve où nous t'attendions moins ?

Difficile à dire honnêtement, car il est vrai que j'ai du mal à situer cette compétition étant donné sa nouveauté, la logique des choses voudrait que nous la placions au niveau d'un championnat d'Europe, s'agissant des Jeux européens et non pas mondiaux. Mais, par rapport à un championnat d'Europe, nous avons pu voir que l'engouement médiatique était bien supérieur à ce que l'on peut connaître habituellement sur ces évènements. Cet aspect là en fait une compétition plus proche des Jeux Olympiques.

Après, la façon dont j'ai gagné ce titre fut tellement particulière que cela restera parmi l'un de mes meilleurs souvenirs de carrière. Le match fut tiré dans des conditions hyper délicates, avec un vent très fort sur les tireurs. En finale, j'ai très mal commencé dans mes positions dites fortes pour rattraper debout les presque 7 points de retard que j'avais. Au final c'est donc un titre vraiment particulier vu le contexte et j'en suis heureux.

C'est le premier pas vers les Jeux Olympiques de Rio mais il reste encore quelques échéances en fin de saison (les championnats d'Europe, la coupe du Monde de Gabala). Quels sont tes objectifs pour clôturer 2015 (médaille au CdE, finale des coupe du Monde...) ?


Me concernant, la saison va se terminer après les championnats d'Europe puisque la fédération a décidé de ne pas envoyer les tireurs déjà quotés à Gabala pour la dernière coupe du Monde. Ayant gagné un quota lors des Jeux européens mon objectif de fin de saison est donc un peu différent à présent. Il ne faut pas se voiler la face, l'objectif principal était de prendre tout d'abord un quota. Chose faite, je peux me concentrer plus sereinement sur les championnats d'Europe. A cette occasion j'espère bien pouvoir défendre mes titres obtenus en 2013. Rentrer dans les deux finales, que ce soit au 60 balles couché ou au 3 positions serait déjà une très bonne chose. Ensuite, je suis bien placé pour savoir que tout peut arriver en finale.

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"Avant tout je crois qu'il est indispensable de rester centrer sur soi et pas sur ce que les autres peuvent faire"
Les quotas ne sont pas nominatifs, donc pourrais tu nous décrire ta préparation jusqu'à cette échéance ? As tu prévu une préparation (physique ou mentale) particulière au sein de l'INSEP pour t'acclimater au Brésil ?

Effectivement les quotas ne sont pas nominatifs et nous ne connaissons pas les critères définitifs de sélection pour les Jeux. De ce fait, je n'aurai pas une préparation particulière en vue de Rio. Je vais me concentrer avant tout sur moi-même et ce que je suis capable de produire. J'ai encore beaucoup de choses à améliorer et donc j'ai déjà pas mal de travail en perspective. Après, je sais que si je m'améliore sur ces points là, la sélection ne sera qu'une étape pour la suite.

Avant tout je crois qu'il est indispensable de rester centrer sur soi et pas sur ce que les autres peuvent faire. Il risque de faire chaud à Rio mais ce sont les conditions
souvent rencontrées sur certaines épreuves. Nous sommes donc habitués à tirer dans ces conditions là. Je n'aurai donc aucune préparation particulière et spécifique. Je vais continuer à m'entraîner en travaillant mes points faibles et essayer de stabiliser ce qui marche plutôt bien.

Ta présence lors du Championnat de France des Écoles de tir va ravir l'ensemble de nos jeunes licenciés, pourrais-tu leur dire brièvement comment ta passion est née à cet âge là et comment tu as vécu tes premiers championnats nationaux ?

J'ai commencé le tir grâce à mon oncle qui était lui-même tireur. Ce fût mon premier entraîneur et je peux assurément dire que sans lui je ne serai pas là où j'en suis actuellement. Il a toujours été présent lorsqu'il l'a fallut pour faire les bons choix et orienter ma carrière. J'en profite donc pour lui rendre hommage. J'ai commencé vers l'âge de huit ans. Très vite, j'ai adoré ce sport et j'ai commencé à faire quelques petites compétitions.

J'ai ensuite tiré mon premier championnat de France en Poussins. Je me souviens vaguement de l'état dans lequel j'étais, mais avoir fini 4e. L'année suivante, alors que je venais cette fois pour gagner, je me rappelle très bien avoir vécu pour la première fois les effets du stress et les erreurs que cela pouvait faire faire. Mais j'avais pris le virus et je n'ai jamais arrêté depuis.

Ensuite tu as connu tous les échelons possibles dans le Tir sportif, du jeune espoir (comme on a pu le voir sur l'article ci-joint) jusqu'à l'athlète de haut-niveau (catégorie Elite) que tu es devenu, en étant toujours mis sous les feux de la rampe. Pourrais tu donner quelques conseils à nos futurs champions pour continuer à progresser du mieux possible avec les haut et les bas dans la vie d'un sportif ?

Je ne sais pas s'il y a de réels conseils à donner pour réussir. Je crois que c'est avant tout en fonction des objectifs fixés et des sacrifices que l'on est prêt à faire pour. Dans une carrière un sportif connaît des hauts et des bas, je dirai même plus souvent des bas. La frustration de ne pas réussir est souvent présente mais encore une fois tout dépend des objectifs que l'on souhaite atteindre. Cela doit être le leitmotiv.

Dans tous les cas, il ne faut pas se décentrer de son objectif et l'avoir toujours en tête pour travailler chaque jour un petit peu plus. Le chemin est long, mais c'est petit à petit que les performances se construisent. Il faut avant tout être motivé, curieux, s'intéresser à ce que font les autres, essayer de comprendre ses erreurs pour ne pas les reproduire et savoir aussi s'adapter et se remettre en question régulièrement.






"Je pense personnellement que l'image véhiculée par un sportif de haut niveau est tout aussi importante que son palmarès"
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Tu es présent également dans le cadre du Département Formation. Avec ton diplôme de Professeur de Sport auprès du Ministère tu as déjà préparé ta future carrière professionnelle? as-tu déjà une idée du rôle que tu comptes jouer au sein du Tir sportif sur le long terme que ce soit en tant que sportif ou encadrant ?

En temps que sportif je ne sais pas encore ce que je vais faire par la suite. Arrêter ou continuer. Pour l'instant, je dirai que j'ai encore envie d'aller plus loin si on me le permet. L'avenir nous le dira. Ensuite lorsque j'ai passé le professorat de sport, mon intention était de devenir plus tard entraîneur national et notamment de l'équipe olympique. J'ai toujours cet objectif au coin de ma tête, mais cela dépendra des opportunités et des conditions. Pour l'instant il est encore un peu trop tôt pour parler de ça. Je dirai chaque chose en son temps, pour l'instant je vais d'abord me concentrer sur Rio. Cela reste mon premier objectif !

Tu es reconnu pour ta modestie et ta gentillesse, penses tu que ça fait parti du devoir d'un membre de l'équipe de France ?

Je ne sais pas si je suis reconnu réellement pour ça ou pas mais c'est gentil en tout cas. Je pense personnellement que l'image véhiculée par un sportif de haut niveau est tout aussi importante que son palmarès. Bien tirer et gagner des médailles est une chose, mais un grand champion est aussi reconnu pour sa personnalité et son charisme. Un exemple tout simple. Quelle est la différence entre Rafael Nadal et Roger Federer ? Probablement pas le palmarès, tous les deux ont gagné des grands chelems et une multitude de tournois. Mais Federer restera comme l'un si ce n'est le plus grand joueur de tennis de tous les temps grâce à son palmarès bien sûr, mais aussi par l'image qu'il représente grâce à sa personnalité. Et je pense que c'est tout aussi important voire plus. Des sportifs à gros palmarès il y en a dans tous les sports, mais des sportifs reconnus pour leur simplicité et les valeurs qu'ils prônent il y en a beaucoup moins et en général ce sont ceux là qui sont exceptionnels.

En ce qui me concerne si on me voit comme quelqu'un de gentil et modeste, tant mieux, j'en suis ravi. Je pense avoir été éduqué ainsi, avec certaines règles et qualités. Cela me paraît indispensable et important, lorsque nous sommes en équipe de France, de se plier à certains devoirs. Cela fait partie du jeu et certains l'oublient trop souvent. Après il faut aussi être conscient qu'il y a toujours des détracteurs et des personnes à qui l'on ne peut pas plaire. Le monde est ainsi !

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