Championnat de France Arbalète Field IR900 2013

Zoom sur ... Acteurs du CDF Arbalète Field 2013

Yves LEJARD : Entraîneur National Arbalète Field

Le championnat de France IR900 est un rendez-vous incontournable dans la saison Arbalète field où l'ensemble des tireurs de l'équipe de France côtoie les passionnés de la discipline. Peux-tu nous dire comment se déroule la saison pour le haut niveau et les objectifs primordiaux de cet été ?

Chatenoy et ses cent neuf tireurs inscrits souligne la dynamique de la discipline ! Les tireurs des collectifs Juniors, Seniors et Dames se retrouvent avec la grande famille des arbalétriers. La saison a débuté par un stage de préparation d'une semaine en Tunisie où nous avons pu travailler dans des conditions agréables et ventées, afin de préparer l'approche météo, sujet sensible pour la discipline. Je le rappelle, elle se tire, avant tout, en extérieur !!

La maîtrise de la technique de base est indispensable, mais le contrôle de la météo demande beaucoup d'expériences et un travail spécifique.

L'objectif numéro un est bien sûr le championnat d'Europe d'Innsbruck, début septembre, les collectifs auront un match supplémentaire d'affûtage en Allemagne, fin juillet. J'attends beaucoup du championnat de France, car je suis persuadé que de nouvelles, voir d'anciennes, têtes vont s'exprimer et les collectifs 2014 seront réajustés en fonction. L'Arbalète field devient riche en élément de valeur et gagner sa place demande une présence constante et du travail en profondeur.




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Le championnat du Monde 2012 a été d'un grand niveau et nous avons particulièrement brillé. Les Dames ont franchi une étape et j'aimerais voir cela confirmer à Innsbruck. Pascal CHRISTOFFEL, champion du Monde Seniors et Jacques MANGEMATIN, vice-champion du Monde Juniors, ne vont pas avoir la tâche facile, mais je compte sur leur abnégation et leur volonté pour porter l'équipe de France au plus haut.

L'Arbalète field est une discipline vraiment particulière, à mi-chemin entre le Tir à l'arc et la Carabine. Comment se passe la détection des jeunes talents et quelles qualités recherches-tu en priorité sur cette discipline ?

Notre discipline regroupe effectivement des qualités que l'on retrouve en Carabine et le Tir à l'arc. Je m'attache beaucoup plus aux qualités d'un tireur de compétition Carabine que du côté de l'archerie, où la force physique est très présente. De plus, même si cela est très important, la fabrication des flèches et le choix de l'arc sont des dimensions « mécaniques », plus facile à gérer que la conception, la maîtrise de la position et l'approche mentale de la compétition.

La détection commence au niveau du championnat de France des Écoles de tir où les qualités naturelles de compétiteur peuvent apparaître. L'Arbalète field indoor permet déjà de mettre en évidence les qualités essentielles à prendre en compte pour les tireurs. Il faut attendre le cap de l'IR900 en Cadets pour voir ensuite réellement si le tireur a la volonté requise pour le haut niveau.

Le vivier n'est certes pas assez étoffé en Minimes, mais nous pouvons suivre plus concrètement l'évolution sur le terrain et prendre contact avec les jeunes et leurs parents. Par exemple, l'année passée un jeune tireur m'a marqué par ses qualités, mais sa position de tir, pour sa progression future, se devait d'être corrigée. Nous avons pu entamer un travail personnalisé, en collaboration avec son entraîneur de club (de plus, tireur de haut niveau), et un résultat prometteur a pu être observé à Châteauroux. Ce garçon a bien compris les nécessités du haut niveau et devra performer sur ce championnat 2013.

Je ne serais donc pas surpris si d'autres jeunes de ce club réalisaient de belles performances. Depuis les Écoles de tir, la progression existe et l'expérience s'accumule, cet amalgame devrait payer. Du travail technique de position sera nécessaire mais l'avenir est devant eux.

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Équipe ST CREUSOT Cadet : BAGNARD Gaëtan, Romain et Tanguy

C'est assez peu banal pour ne pas le signaler. Des triplés sont licenciés à la fédération et non seulement ils pratiquent la même discipline, mais se qualifient en plus pour le Championnat de France. Pouvez-vous nous dire comment cette passion commune vous est venue et quelles sont les personnes qui vous ont soutenus dans votre choix ?

Gaëtan : cette passion m'est venue de notre famille. Notre grand-père et notre oncle pratiquent le tir sportif, j'ai voulu essayer, tout d'abord par un stage pendant les vacances d'été. Après ce stage, j'ai pris ma licence et commencé la compétition. Notre famille fût contente de notre choix.

Romain : après avoir fait de la carabine et du pistolet et comme j'avais atteint l'âge légal, je voulais vraiment essayer l'Arbalète. C'est une discipline très différente, mon grand-père, mes parents, mes frères et surtout mon club m'ont soutenu dans ce choix.

Tanguy : cette passion commune est venue, comme mes frères le disent, par notre oncle et surtout par notre grand-père, président du club de tir à l'époque. Dès que nous avons pu faire ce stage de tir, à sept ans, organisé par la municipalité, nous avons de suite testé les différentes disciplines (Carabine comme Pistolet)..., puis l'Arbalète s'est présentée à nous par le biais de notre club et de toute la famille.

Le Tir sportif est une pratique individuelle, mais j'imagine que l'esprit de famille joue un rôle d'esprit d'équipe sur les compétitions. Comment cela se traduit-il concrètement ? Êtes-vous stimulés par le challenge entre vous dans la compétition ou au contraire vous soutenez-vous au maximum ?

Gaëtan : nous voulons être meilleurs que les autres, évidemment, mais l'envie de gagner est toujours présente. Pour moi, la qualité individuelle construit la puissance de l'équipe et fait donc le résultat final. Si en plus nous accrochons une bonne place individuelle c'est encore mieux.

Romain : c'est forcément le challenge entre nous au sein de la compétition, mais nous nous soutenons pour faire les meilleurs résultats possibles. C'est donc à la fois être en compétition entre nous et en équipe contre les autres qui fait notre force, je pense.

Tanguy : oui l'esprit de famille joue un très grand rôle d'esprit d'équipe sur les compétitions. Je veux faire mieux que mes frères, mais en même temps je leur souhaite d'être au plus haut pour le classement par équipe. C'est notre plus grande force mentale.

Vous n'avez sûrement pas le même parcours scolaire, ni forcément le même caractère. Comment ressentez vous la pression individuellement et avez-vous de ce fait une préparation personnelle (physique comme mentale) ?

Gaëtan : pour mes parents, le scolaire passe évidemment avant le tir. Donc, je dois réussir au lycée pour pouvoir m'entraîner régulièrement et m'améliorer au tir. Je m'aperçois que ma qualité première est la concentration, je n'ai pas un caractère trop marqué. Le stress n'est pour le moment plus un problème grâce à mes années de tir.

Romain : après beaucoup de championnats de France, je gère plus facilement la pression et je ne ressens plus le stress autant qu'à mes débuts. Je n'ai pas encore de préparation physique, mais par contre je travaille mon mental. Je ne pense qu'au 10 et ainsi le rendre « banal »... Je m'encourage énormément pour ne pas baisser les bras en cas de mauvais tir. Le mental joue un rôle prépondérant dans la réussite d'un championnat.

Tanguy : à mes premiers championnats de France, je stressais beaucoup trop, je tremblais et perdais mes moyens en début de tir. Avec le travail, maintenant je gère mieux cet aspect même si c'est encore à améliorer. Comme Romain le précise, le mental joue un rôle capital dans le tir. Ma méthode est assez simple, même quand je tire moins bien je me donne des objectifs à atteindre à court terme, afin de rester dans la compétition. Je me parle beaucoup intérieurement, pour m'encourager et ne rien laisser de côté.

Entre nous, vous connaissez vos niveaux... un petit pronostic ? Lequel d'entre vous sera le mieux classé après les deux jours * ?

Gaëtan : en individuel, je suis souvent le meilleur des trois. Je suis monté quatre fois sur le podium dont deux fois sur la plus haute marche. Je suis en progression. Dès que j'ai connu ma première place au classement des régionaux, avec plusieurs points d'avance, j'ai décidé, forcément, de viser le titre. Maintenant, la donne est modifiée, car je dois rattraper mon retard dû à un très mauvais premier jour de tir.

Romain : le meilleur ? Cela dépend des jours. J'ai bien mon idée, mais je voudrais bien que ce soit moi (rire) et je vais tout faire pour.

Tanguy : Gaëtan, à l'IR900, est plus fort que nous, il faut bien l'avouer. Je ne l'ai jamais battu en compétition dans cette discipline. Romain, en compétition, je l'ai dépassé pour la première fois cette année et j'en suis assez fier (rire). Et voilà que je me retrouve en tête de la catégorie des cadets en ce premier jour de tir (samedi soir)... Comme quoi tout peut arriver selon la météo, le mental du jour et la concentration, je pense. Je visais un podium avant de tirer la première flèche, maintenant j'espère garder cette première place. Qu'importe la couleur de la médaille, je serais heureux, car ce serait le premier podium de ma jeune carrière.

* entretien réalisé à la fin du 1er jour de championnat.

Jacques MANGEMETIN à TS CHATENOY-LE-ROYAL - Équipe de France

Tu es détenteur du record de France Cadets et Juniors... Vice-champion du Monde Juniors et vice-champion de France Seniors en 2012, j'imagine que l'objectif de cette année était le titre à la « maison » ? Tu étais attendu par tes adversaires et par tes collègues de club... La pression a été trop forte (Jacques a fini 10e de l'IR1800) ?

C'est vrai que remporter le titre à la maison aurait pu être intéressant, car depuis quelques années je m'en rapproche, mais il est toujours délicat de prévoir à l'IR900.

Nous pouvons nous retrouver dans des situations vraiment délicates à gérer, car nous sommes totalement soumis aux conditions météorologiques. « Jouer à domicile » ne représente pas vraiment de source de pression, mais plutôt un plaisir, car nous sommes tous très contents d'être présents à Chatenoy,

Malheureusement, le match ne s'est pas déroulé comme je l'espérais. J'ai eu beaucoup de mal à gérer le vent tournant et cela ne m'a pas permis, le samedi, de bien me situer. Mes adversaires ont tous très bien tirés sur les deux jours, donc je n'ai pas pu rattraper mon retard.

Tu es reconnu dans le monde de l'Arbalète comme un futur grand nom de la discipline et une valeur sûre pour l'avenir des équipes de France. Peux-tu présenter ton parcours sportif et professionnel aux licenciés de la FFTir qui te connaissent moins ?

Je suis actuellement en troisième année d'école d'ingénieur à l'UTC de Compiègne. Je me spécialise dans le génie civil et j'ai encore deux ans d'études avant d'attaquer la vie active. Mon école me considère comme sportif de haut niveau, malgré le fait que l'Arbalète field ne soit pas reconnue comme discipline haut niveau. Cela me permet d'avoir certains arrangements dans ma scolarité comme, par exemple, l'aménagement de mon emploi du temps afin de m'entraîner ou pouvoir déplacer certains examens, lorsqu'ils ont lieu en même temps que des championnats. Cela facilite réellement la poursuite de mon double projet étude et sport.

Sportivement, il s'agit officiellement de ma première saison en Seniors. Je fais partie du collectif, suite à ma 2e place l'an dernier. Je m'étais surclassé pour diverses raisons sportives, mais j'étais qualifié au championnat du Monde en Juniors. Après mon titre de 2010, j'avais à cœur de réaliser une belle performance, mais ce jour là il y a eu meilleur que moi. Je reste très satisfait de cette médaille d'argent internationale. Maintenant les années Seniors représentent un nouveau défi à relever !

Début juillet se dérouleront les championnats de France des Écoles de Tir où la discipline est représentée. Plus jeune, as-tu participé à cette compétition ? Tu fais maintenant partie des exemples à suivre pour ces jeunes tireurs. Quels conseils peux-tu leur donner, afin qu'ils continuent à s'améliorer avant le passage en « Adulte » ? As-tu toi aussi une idole dans les anciennes gloires de la fédération ou même chez les Seniors en présence ?

Oui, effectivement, j'y ai participé à deux occasions lorsque j'étais Minime. C'était vraiment une belle compétition avec un très bon esprit entre tous les compétiteurs. Lorsque j'étais en École de tir je n'étais pas encore spécialisé sur l'Arbalète. Je m'étais qualifié dans six disciplines lors de ma dernière année chez les Minimes !

Je ne sais pas vraiment si je suis un exemple pour ces jeunes, mais je pense qu'avant tout il faut garder le plaisir de tirer. Que cela ne devienne jamais une source de pression, mais avant tout un jeu, surtout à cet âge là. Les années Minimes, Cadets, voire aussi Juniors sont, pour moi, des années d'apprentissage.

Avant de rentrer en équipe de France, j'ai toujours été épaté par certains records et palmarès. Je pense, par exemple, à Pascal CHRISTOFFEL. Pour moi, il a le plus beau palmarès individuel. À l'étranger, les records du Monde Juniors de Rolf HILLENBRAND établis déjà en 2001 seront difficile à battre. Ils sont vraiment impressionnants.

Pour finir, peux-tu rapidement nous présenter ton planning de la saison d'été et tes objectifs personnels ?

J'aurai une idée plus précise de mon planning à la fin du championnat et verrai si je participe ou non au championnat d'Europe à Innsbruck, en septembre. Néanmoins je serai présent, avec tout le collectif, à la coupe d'Europe en Allemagne, fin juillet.

Du point de vue personnel, je termine mon année universitaire dans quinze jours. Je profiterai du mois de juillet pour me reposer après ces quelques semaines éprouvantes et avant une préparation physique et technique pour la coupe d'Europe.

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